Le moulin de Soulas restauré

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Les travaux de restauration du moulin de Louis-Joseph Soulas ont commencé début Mars 2017.

Pour le sauver de la destruction à laquelle il était promis, l'artiste en 1939 avait racheté ce moulin à vent de type à pivot (ou chandelier) à Jules Touchard le dernier meunier. Situé à Lignerolles sur la commune de Coinces, à moins de cent cinquante mètres de la ferme de ses parents, Soulas était resté très attaché à ce moulin de son enfance, et l'avait fait classer monument historique en 1942, afin de le sauvegarder.

C'est l'un des derniers moulins encore debout dans la plaine de Beauce qui en a compté plus de deux milliers à la belle époque, le premier lorsque l'on quitte Orléans pour se rendre à Chartres en passant par Patay.
Il est équipé du système Berton d'ailes à planches qui permet en quelques secondes, depuis l'intérieur du moulin, d'ouvrir ou de fermer les quatre ailes simultanément, ou d'en régler l'ouverture, gros avantage, particulièrement en cas de sautes de vent, par rapport aux ailes à toile qu'il faut établir séparément l'une après l'autre.



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Une restauration complète avait été entreprise en 1973 à l'initiative d'André Soulas fils de l'artiste qui, avec l'aide des Affaires Culturelles (le moulin étant classé), avait financé la plus grosse partie des travaux.
A partir de 1975 André et son épouse Catherine le faisait tourner chaque été, pour la plus grande joie des visiteurs, sans toutefois faire de farine, le mécanisme intérieur n'ayant pas été remis en état, le rouet tournant à vide.

Plus de quarante ans après cette première restauration, le moulin a à nouveau perdu ses ailes, et le bourdon, pièce maîtresse, pivot sur lequel tourne tout le corps du moulin (la cage) pour mettre les ailes au vent, donne des signes de fatigue et doit être remplacé, une nouvelle intervention s'impose.

Le Moulin appartient maintenant à la commune de Coinces à laquelle il a été cédé en 2008 par la famille de l'artiste pour un euro symbolique (non versé, comme c'est l'usage), à deux conditions cependant : que le moulin soit entièrement restauré et que le nom de Louis-Joseph Soulas lui reste attaché. Après des démarches qui ont duré presque dix ans, les travaux, avec l'aide de la DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles), du Conseil Départemental du Loiret et de nombreux sympathisants, viennent enfin de commencer.

Une telle restauration demande de gros moyens pour une petite commune et tous les dons des sympathisants sont naturellement les bienvenus. La Fondation du Patrimoine se charge de collecter ces dons (déductibles de l'impôt sur le revenu à hauteur de 66 %).

Simultanément l'association Les Amis du moulin de Lignerolles a été créée, dont Dominique Touchard, petit-fils de Jules Touchard le dernier meunier, est président, et à laquelle le plus grand nombre est invité à adhérer (cotisation 10 EUR par an).


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Pour adhérer à l'association :

Association Les Amis du moulin de Lignerolles
Mairie de Coinces
45310 COINCES


Pour faire un don :

En ligne :
Clic sur le lien suivant https://www.fondation-patrimoine.org/les-projets/moulin-de-lignerolles-de-coinces

Par chèque :
à l'ordre de « Fondation du patrimoine - Moulin de Lignerolles »
adressé à : Fondation du patrimoine - Délégation Centre-Val de Loire
25, Avenue de la Libération
45000 ORLEANS
Tél. 02 38 24 34 21
centreest@fondation-patrimoine.org



Enlèvement de la cage


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Ci-dessus : dépose de l'arbre et du rouet (à terre à gauche du camion photo 2) et enlèvement de la cage posée sur le sol (photo 3)


Avancée des travaux en novembre 2017 - Pose d'un nouveau bourdon et remise en place de la cage
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Photo de droite ci-dessus, la grosse poutre verticale, pièce maîtresse du moulin, est appelée pivot ou bourdon ou chandelle (d'où le nom de moulin à pivot ou chandelier). Elle repose sur la croisée des deux soles horizontales assemblées en croix (bas de la photo) et est maintenue verticalement par 8 jambes de force obliques, appuyées sur les soles : 4 liens (que l'on entrevoit tout en haut de la photo) doublés en dessous par 4 contre-liens plus petits (bien visibles sur la photo).



Quatre ailes neuves


Le 18 octobre, le moulin vient de se voir doté de quatre ailes neuves à planches, système Berton, réalisées et posées par les Charpentiers de Troyes, spécialistes des moulins à vent, sous la direction de Erwin Schriever, qui a lui-même entièrement construit avec l'aide de bénévoles le moulin de Dosches équipé d'ailes à toile.

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Les ailes Berton, du nom de leur inventeur, apparaissent dans les années 1840. Elles se composent chacune (dans le cas du moulin de Lignerolles en particulier) de 11 planches de bois, montées sur 6 barres tournantes, assujetties sur les 4 scions, eux-mêmes fixés sur les vergues.

Ces planches de bois, superposées lorsque les ailes sont fermées, coulissent latéralement pour offrir une surface variable suivant la force du vent, cette surface étant maximale lorsque les barres tournantes sont perpendiculaires aux scions. Les ailes sont actionnées par un système de tringlerie toutes les quatre ensemble et instantanément de l'intérieur du moulin.

Ce fut une nette amélioration par rapport aux moulins équipés d'ailes à toile, sur lesquels le meunier doit régler ces dernières une par une, en grimpant le long des ailes, cette opération entraînant une grande perte de temps, surtout lorsque le vent est irrégulier. Les quatre ailes grandes ouvertes offrent au vent une surface d'environ 90 mètres carrés.


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Ci-dessus les ailes à terre - Photo milieu, blocage de la première vergue dans la tête de l'arbre - A droite le moulin a retrouvé ses ailes.